A la découverte de Nollywood : Retour du Nigeria
A la découverte de Nollywood est un carnet de route tenu par Julien Hamelin, journaliste et auteur de documentaire. Il décrit les préparatifs et le tournage d'un documentaire sur l'industrie du film au Nigeria.
Cela fait une dizaine de jours que je suis revenu du Nigeria, où j’ai passé deux semaines de tournage pour un documentaire sur Nollywood (l’industrie du film au Nigeria, 3ème producteur du monde). Là-bas, je n’ai pas trouvé le temps d’envoyer un nouveau post. Je m’en excuse.
Alors commençons par le tournage sur place. Tout d’abord, il faut savoir que rien ne s’est passé comme je l’avais prévu.Les producteurs que j’avais contactés depuis la France m’ont appris une fois sur place que, finalement, ils repoussaient le tournage de leurs films. Il a fallu constamment improviser car un réalisateur est capable de vous dire un soir : « on commence à tourner notre film demain matin, je passe te prendre » et puis finalement de vous appeler le lundi matin pour vous annoncer que tout est annulé. Etant donné que nous n’avions pas beaucoup de temps de tournage sur place, nous ne pouvions pas nous permettre de perdre une journée ou une demi-journée. Il a donc fallu trouver des solutions de rechange.
Autre difficulté : les embouteillages. A Lagos, on peut très facilement passer trois ou quatre heures dans ce que les Nigérians appellent les "go-slows". Pour résumer, le cameraman Franck et moi avons fait ce que nous avons pu et je crois que nous ne nous sommes pas trop mal débrouillés. Surtout Franck, vraiment très fort avec sa caméra et qui a tourné de très belles images. Nous tournions avec une caméra HDV. Je viens de commencer le montage du documentaire qui fera 52 minutes. C’est vraiment beau et coloré.
Niveau sécurité, nous n’avons eu aucun problème. A Lagos, notre guide Mohammed a été utile et efficace. Il connaît très bien la ville et nous a toujours indiqué quels coins étaient dangereux ou sûrs. La Charia imposée il y a quelques années dans le Nord du pays a rendu la région plus sûre que le Sud. Au final, le seul incident que nous avons subi s’est déroulé alors que nous voulions tourner dans le marché d’Alaba, dans la banlieue de Lagos. Là, la police nous a arrêté. Nous sommes tombés sur un commissaire particulièrement bon comédien. Pendant deux heures, il nous a expliqué que nous étions des espions et que tous les problèmes du Nigeria venaient de blancs de notre espèce. Franck et moi avons pris notre mal en patience, sachant très bien comment cela allait finir. Le commissaire nous a réclamé 2000 dollars pour « aider » son commissariat. Nous avons laissé Mohammed négocier et, finalement, nous nous en sommes sortis pour beaucoup moins que cela.
A part ça, le principal danger est venu des routes. Elles sont très mauvaises, les Nigérians conduisent à la pousse-toi-de-là-que-je-me-pousse. Quand vous roulez sur une route à grande vitesse, il n’est pas rare de voir circuler des véhicules du mauvais côté de la route. Et surtout, leurs voitures sont en très mauvais état.
Mais à part ces problèmes minimes, nous avons rencontré des personnes très gentilles et accueillantes. Nous nous sommes "incrustés" sur des tournages en anglais, en yoruba et en haoussa. Le Yoruba et le Haoussa sont deux ethnies majeures du Nigeria. A présent, reste le montage du film. J’espère que j’arriverai à rendre en 52 minutes tout le chaos mais aussi la gentillesse et la spontanéité du Nigeria. Je vous tiens au courant bientôt
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